La question revient à chaque devis, et la réponse n’est jamais « au printemps ». Une haie se taille selon ce qu’elle est, et selon ce qui vit dedans.
La règle qui prime sur toutes les autres
L’Office français de la biodiversité recommande de ne tailler ni haies ni arbres entre le 15 mars et le 31 juillet. Ce n’est pas une interdiction dans un jardin privé, mais l’article L411-1 du code de l’environnement interdit toute l’année la destruction des nids et des œufs d’espèces protégées — et l’immense majorité des oiseaux de nos haies le sont.
En pratique : on regarde avant de couper. Une haie occupée attend. C’est quelques semaines de patience contre une nichée, et le calcul est vite fait.
Deux passages valent mieux qu’un
Un seul passage annuel produit toujours le même résultat : la haie s’épaissit vers l’extérieur, se dégarnit à la base, et finit par ne plus se rattraper qu’en la rabattant sévèrement. Deux passages — un en juin après la nidification, un en septembre — suffisent à tenir la plupart des espèces.
Espèce par espèce
Charme et hêtre
Ils gardent leurs feuilles sèches tout l’hiver, ce qui en fait d’excellents brise-vue toute l’année. Taille en juin puis fin août. Ne pas tailler trop court la première année : c’est la taille de formation qui décide de la densité des dix suivantes.
Laurier-palme
Il pousse vite et se taille volontiers, mais au taille-haie ses grandes feuilles sont coupées en deux et brunissent sur la tranche. Au sécateur, la haie reste verte. C’est plus long, et cela se voit.
Thuya et cyprès
Ne jamais tailler dans le bois sec : ces conifères ne repartent pas du vieux bois. Une haie de thuya laissée trois ans sans passage ne se réduit plus, elle se remplace.
Troène et élaeægnus
Les plus tolérants. Ils supportent deux à trois passages et repartent même d’une taille sévère.
Ce que dit la loi entre voisins
Les branches qui dépassent chez le voisin relèvent de lui : il peut exiger qu’elles soient coupées, mais ne peut pas les couper lui-même. En pratique, on intervient sur l’ensemble après accord des deux côtés — le résultat est cohérent, et l’arbre ne se retrouve pas taillé en deux moitiés.